Missions du medecin coordonateur
Dr J.C. MALBEC
Il y a 30 ans les médecins en maison de retraite étaient surtout des
cliniciens. C’est à partir de 1975 lors de la création des
sections de cure avec des médecins salariés qu’ils ont pris une
dimension institutionnelle avec des évaluations, la tenue des
registres, de rapport d’activité en restant avant tout des soignants,
même s’ils ébauchaient la coordination. Avec la signature des
conventions tripartites sont apparus les médecins coordonnateurs.
Les textes juridiques fondateurs de la fonction de médecin coordonnateur sont inclus dans l’arrêté du 26 avril 1999 (plus précisément dans l’annexe II qui fixe les missions, fonctions et compétences du médecin coordonnateur qui seront précisées dans un projet de décret à venir).
A) Le médecin coordonnateur est le conseiller technique du directeur, l’animateur des soignants et prescripteur de prise en charge
Les médecins traitants ne suivent chacun le plus souvent que quelques
résidents dans l’EHPAD, ils n’ont pas le temps de s’investir dans la
structure et d’être confrontés à la problématique
institutionnelle ; c’est pour cela que la fonction de médecin
coordonnateur a été créée.
Le médecin coordonnateur n’est pas un soignant avec une relation duelle
médecin/malade. Il n’est pas le médecin traitant. Il
apporte ses compétences gérontologiques au niveau des résidents de
l’EHPAD avec pour objectif la qualité de la prise en charge.
« Le médecin coordonnateur parle de la personne dans la structure
alors que le médecin traitant parle de la maladie dans la
personne. » Le médecin coordonnateur va satisfaire l’intérêt du
résident sans pénaliser le fonctionnement institutionnel. Il
préserve le délicat équilibre individu/collectivité. Le médecin
coordonnateur a également des missions à l’extérieur de l’EHPAD (acteur
et partenaire du réseau gérontologique).
I. Le conseiller technique du directeur
Les responsabilités du directeur sont lourdes puisqu’il est civilement
et pénalement responsable de tout ce qui se passe dans l’établissement
à l’exception de l’acte intellectuel médical. Le médecin
coordonnateur est le conseiller technique gériatrique du directeur avec
lequel il forme un binôme. Il est positionné sous l’autorité du
directeur. A côté de ce que dit la loi, il doit exister une
collaboration amicale entre le directeur, le médecin et le cadre
infirmier car c’est sur cette équipe soudée que repose le
fonctionnement opérationnel de l’EHPAD. Si les décisions de l’un
et de l’autre sont constamment critiquées le système ne fonctionnera
pas.
Le directeur a des compétences que le médecin n’a pas et inversement. Tous les éléments d’une situation donnée ne peuvent être perçus simultanément par une seule personne car elle n’en voit qu’une partie, il est nécessaire d’additionner les points de vue.
II. L’animateur de l’équipe de soins
Le médecin coordonnateur n’a à priori aucun pouvoir hiérarchique sur
qui que ce soit, ses relations avec l’équipe soignante sont de nature
fonctionnelle sauf vis à vis du directeur qui exerce sur lui une
autorité administrative. Ce n’est pas une dépossession du médecin
car ce serait difficile de cumuler la casquette d’organisateur des
soins et de celui qui donne la sanction. Si le médecin constate
un dysfonctionnement de la permanence des soins, d’un personnel, d’une
prise en charge ou d’un problème de maltraitance, il doit en avertir le
directeur.
Animer l’équipe de soins c’est :
- savoir manager l’équipe
- faire circuler et partager les informations
- entretenir le sentiment d’utilité de chacun = valoriser les différents métiers
- assurer une formation continue
- entretenir un esprit maison (l’esprit Croix Rouge en ce qui nous concerne)
III. Le prescripteur de prise en charge
Le médecin coordonnateur participe à l’élaboration du projet de soin
qui détermine les modalités de prise en charge des résidents. Il
y a des pathologies et des comportements qui ne peuvent être pris en
charge dans l’EHPAD qui a ses limites.
Le médecin coordonnateur donne son avis permettant l’adéquation entre
l’état de santé des personnes et capacités de prise en charge de
l’institution lors de l’admission et au retour d’hospitalisation.
On ne peut mettre en place un soin sans avoir les moyens locaux de le
maîtriser.
Le médecin coordonnateur évalue le résident sur le plan gérontologique,
détermine ses besoins à partir d’objectifs psychosociaux, fonctionnels
et médicaux et prescrit le niveau d’aide adapté à la personne. De
plus il est le garant de l’adaptation du résident à l’institution
La prise en charge nécessite de disposer d’outils : diagrammes de
soin, transmissions, fiches de suivi, réunions d’équipes, élaboration
de protocoles.
B) Les missions du médecin coordonnateur
Les missions du médecin coordonnateur forment une suite logique que
nous allons détailler en considérant que le projet de soin intégré au
projet d’établissement est déjà élaboré. Sinon participer à
l’élaboration du projet de soin est la première des missions.
I. Avis sur les admissions
C’est le directeur qui prononce l’admission. Le médecin
coordonnateur donne un avis à savoir : est-ce que la personne est
en adéquation avec la structure et peut-on s’en occuper valablement.
1° Examen du dossier de pré admission
Il s’agit d’un dossier médico social qui donne les informations
souhaitées avant que la personne ne se déplace. Le dossier
médical de pré admission doit être adressé au médecin coordonnateur de
la résidence, sous pli confidentiel. Ce dossier comprend
l’évaluation AGGIR, les renseignements concernant la vie de relation de
la personne (vue, ouie, trouble de la parole, trouble de la marche,
trouble du comportement) la description des pathologies, le traitement
et les coordonnées du médecin qui a renseigné le dossier (médecin
traitant ou médecin hospitalier si la personne est hospitalisée).
Souvent il manque des informations et il est nécessaire d’avoir des
contacts téléphoniques (avec le médecin, le cadre infirmier,
l’assistante sociale…). Ce dossier permet de donner un premier
avis.
Les non-indications de l’admission en EHPAD sont :
- les personnes mourantes
- les personnes présentant une maladie tueuse à cours terme
- le plateau technique de l’EHPAD insuffisant.
Seul 27,5 % des EHPAD en Ile de France ont une infirmière jour et nuit.
Dès lors que l’on a bien souscrit au projet de soin et au projet de vie, on peut fixer les limites de ce que l’on acceptera dans l’établissement. Il y a nécessairement des pathologies et des comportements exclus.
2° La visite de pré admission (d’accueil)
Il s’agit d’un moment fort, le médecin coordonnateur est un conseiller vis à vis du demandeur (la personne âgée et sa famille) et vis à vis de l’institution. Il faut informer ; construire un projet avec la personne et rechercher son accord, ce qui est facile si la personne est lucide. Il faut savoir si la demande est justifiée ou non. Bien souvent la personne est démente et son entourage ne peut plus faire face à domicile. Lors de cette visite, on cernera quelles sont les attentes de la personne et de ses proches, la nature de l’aide à apporter et les difficultés qui risquent de se poser au résident, aux proches, aux aidants, ce qu’il faudra rapidement mettre en place.
Cette visite est une visite de rencontre, d’accueil car il est difficile d’évaluer totalement les fonctions cognitives, les paramètres fonctionnels et les états pathologiques.
3° Evaluation de la charge de travail dans l’EHPAD
On ne peut dépasser la capacité de prise en charge
de l’EHPAD, à un moment donné : le personnel n’est pas
modulable. Il est nécessaire de pondérer les admissions en
fonction de la charge de travail et il est commode pour cela de faire
le point régulièrement avec un outil et non pas de façon subjective.
4° Conseils au directeur qui prononce l’admission (commission d’admission)
II. Le médecin coordonnateur prescripteur de prise en charge = évaluation des besoins et mise en place des moyens.
1° L’évaluation gérontologique du résident est le point initial de toute démarche. Le résultat des évaluations permet une organisation des interventions auprès de la personne âgée.
- l’évaluation AGGIR est obligatoire au mois tous les
6 mois. Elle doit se faire avec l’équipe soignante au moment des
réunions de synthèse au bout de trois semaines de séjour et dès que
l’état de la personne change un peu durablement. AGGIR détermine les
soins de bases.
- l’évaluation PATHOS : elle évalue les soins
médicaux, paramédicaux et techniques pour prendre en charge la poly
pathologie. Cette évaluation est longue à réaliser (18 heures
pour 100 résidents) mais est très utile notamment pour rédiger le
rapport annuel d’activité médicale.
- les autres évaluations :
o tests cognitifs (MMS, horloge, 5 mots)
o équilibre, risque de chute (ex : Tinetti, Get up and go)
o statut nutritionnel (ex : MNA)
o échelle de la douleur (ECPA, DOLOPLUS)
o échelle évaluant les troubles du comportement (NPI)
o échelle de NORTON quantifiant le risque d’escarres.
2° Approche humaine des résidents pour déterminer le niveau et la qualité de la réponse à la prise en charge que chacun nécessite.
3° Coordination des différents intervenants selon l’aide adaptée à la personne.
La prise en charge globale de la personne nécessite une inter disciplinarité qui n’est pas la seule juxtaposition d’intervenants qui raisonneraient selon leur propre logique professionnelle et auraient leur propre point de vue. Le médecin coordonnateur contribue à harmoniser les points de vue pour ne pas avoir une vision fragmentée de la personne.
Le coordonnateur est en relation avec les intervenants de l’aide à la
vie (IDE, aide soignante) et des intervenants plus ponctuels
(kinésithérapeute, orthophoniste, …) ainsi qu’avec des médecins, des
médecins spécialisés, des dentistes.
La coordination permet aux différents intervenants de travailler ensemble d’une manière plus efficace car organisée. Pour travailler efficacement il faut que les interventions soient concertées sur le plan quantitatif (fréquence et durée des interventions et qualitatif (le type d’intervenant).
Par ailleurs il ne faut pas que les intervenants n’interviennent en même temps (par exemple que l’orthophoniste n’intervienne pas au moment où le kinésithérapeute rééduque) et pour à peu près la même chose.
Il faut donc planifier les interventions et qu’il y ait échange d’informations.
Pour coordonner, il faut rencontrer les différents intervenants de
préférence au sein de l’EHPAD mais des contacts téléphoniques sont
également nécessaires. Il faut également aller à la rencontre des
intervenants externes à l’EHPAD (les équipes hospitalières) en
particulier lorsqu’une personne âgée est hospitalisée.
4° Réunions de synthèse centrée sur le résident avec les intervenants.
Elles permettent des échanges d’informations, de valoriser le rôle de
chacun des intervenants, d’harmoniser les différents métiers et
d’assurer la formation continue de façon informelle (c’est à dire qu’à
partir de la question soulevée par un intervenant à propos d’un
résident, on en profite pour faire de la formation)
5° Réunion avec les intervenants sur le fonctionnement institutionnel.
Il est nécessaire d’avoir une écoute active pour éviter tout
dysfonctionnement. Souvent les réunions de synthèse centrées sur
le résident et les réunions centrées sur les intervenants se font en
même temps car les problèmes sont intriqués.
6° Groupe de parole prenant en compte la souffrance des soignants.
Il faut entretenir le sentiment d’utilité de chacun et que chacun sorte
de son isolement. Rompre l’isolement c’est prévenir la souffrance
des soignants. Dans une EHPAD la problématique de la fin de vie,
de la mort et de la démence est lourde. Il est prévu dans les
institutions un psychologue dédié à l’équipe (qui de plus interviendra
avec le coordonnateur dans la formation des équipes).
7° La formation des professionnels est une des missions importantes du coordonnateur soulignée dans les textes.
Elle se fait lors des réunions de synthèse et lors des réunions
spécifiques. Il est nécessaire de former tous les personnels para
médicaux intervenant dans l’établissement (IDE, AS, kiné…). Les
formations de terrain sont souvent dispensées par le coordonnateur avec
rédaction de fiches pratiques et de protocoles.
§ Le coordonnateur donne son avis au sujet des plans de formation (contenu, choix de l’organisme formateur).
§ Il est nécessaire de sensibiliser à la gérontologie
les médecins généralistes et spécialistes. Cela peut se faire en
organisant des staffs mais ils sont difficiles à mettre en place si le
nombre de médecins libéraux intervenant dans l’institution est
important. Il faut leur signaler l’existence de tel ou tel EPU.
III. Le médecin coordonnateur et l’organisation des soins.
1° Evaluation, suivi et réactualisation du projet de soin en fonction des objectifs définis lors de la convention pluriannuelle.
Le projet de soin est intégré dans le projet d’établissement. Le
médecin coordonnateur l’élabore en collaboration avec le cadre
infirmier, les équipes soignantes et les libéraux pour qu’ils y
adhèrent. Le projet doit être conforme aux orientations prises
par le directeur. Le but est de garantir une prise en charge
gérontologique de qualité selon les engagements de la convention
tripartite.
Le projet de soin tient compte de la population pour laquelle on a vocation d’exister (GMP, poids de la démence…). Il précise :
- les limites de l’institution et modalités d’accueil
- l’organisation des soins et aides apportés aux
résidents assurant permanence et continuité des soins. Elle
précise les conditions dans lesquelles on hospitalise, les
conventions passées avec le sanitaire, l’élaboration de la filière de
soin, les missions des différents intervenants.
- la prise en compte des grands thèmes
gérontologiques, les axes de prévention médicale, les protocoles de
prise en charge des aides et soins spécifiques (nutrition, hydratation,
continence, prévention des chutes, démence, douleurs, escarres, moindre
recours aux contentions, fin de vie…)
- la prise en compte des règles générales d’hygiène et des risques (notamment l’iatrogénie médicamenteuse)
- les projets de soins individuels : la démarche
de soin est structurée dans le temps (bilans périodiques) centrée sur
la personne est réalisée à partir d’objectifs : resocialisation,
prise en compte d’un handicap moteur, sensoriel ou psychique,
préservation de l’autonomie, objectifs médicaux individuels (suivis
médicaux au long cours)
- la formation des intervenants
- les outils de cohésion, dossier médical, para médical, procédures et protocoles, réunions d’équipe
- les projets de soin des unités spécialisées (unité
protégée accueillant des personnes démentes, unité d’accueil de jour,
unité d’accueil temporaire).
Projet de soin et projet de vie sont en correspondance. Ils ne
s’agit pas seulement des soins médicaux et para médicaux qui demeurent
extrêmement importants pour le résident au quotidien mais qui doivent
rester performants et discrets. On ne vit pas pour être soigné,
on est soigné pour continuer de vivre. La résidence est un lieu
de vie où on prend soin de la personne en respectant son intimité, ses
habitudes et son rythme, ses choix et ses désirs.
2° Evaluation, suivi et réactualisation du projet de vie en fonction des objectifs définis lors de la signature de la convention tripartite – échange avec l’animatrice.
Projet de vie et projet de soin sont liés. Le maître d’œuvre du
projet de vie n’est pas le médecin. On ne peut pas faire reposer
sur le médecin la responsabilité du projet de vie car le médecin n’en a
qu’une vision partielle. Ce projet demande beaucoup de réflexion
avec le directeur, les soignants, l’animatrice et parfois les familles.
3° Coordination des médecins pour la tenue des dossiers médicaux.
Ce dossier comme le dossier para médical doit être sur place,
confidentiel, structuré. Le coordonnateur propose un contenant
avec la participation des médecins libéraux pour qu’ils l’acceptent et
l’utilisent.
4° Actualisation de la liste préférentielle des médicaments et recommandation des prescriptions (rencontre avec le pharmacien, commission du médicament).
Il est prévu dans les textes que le médecin coordonnateur élabore avec les médecins libéraux prescripteurs une liste limitative des médicaments. L’objectif est de choisir les molécules ayant le meilleur rapport efficacité risque et éviter l’iatropathogénie. Le médecin ne gère pas un budget. Quand on est dans les bonnes pratiques on est aussi dans la réduction des coûts. Une pharmacie à usage interne avec un pharmacien salarié permet d’obtenir des prix sans commune mesure avec ceux de l’officine de la ville. Il est facile de constituer alors avec le pharmacien une commission du médicament et d’actualiser régulièrement cette liste (2 à 3 fois par an). A noter que vis à vis des médecins libéraux le médecin coordonnateur ne peut en aucun cas interférer dans l’état actuel de la réglementation sur leurs prescriptions. Son rôle ne peut être que pédagogique et incitatif à la mise en place de bonnes pratiques gérontologiques.
5° Coordination des intervenants para médicaux pour la tenue du dossier et des soins
Avec notamment des transmissions claires, systématiques et formalisées. Le rôle du cadre infirmier est primordial.
6° Elaboration des procédures et protocoles en équipe.
Aides et soins spécifiques, organisation des soins, hygiène et
sécurité, prévention de la perte d’autonomie (traçabilité et conduite à
tenir) et fiches de suivi.
7° Evaluation et suivi de la bonne utilisation des procédures et protocoles et fiches de suivi.
8° Participation du médecin coordonnateur aux diverses commissions
CLIN (comité de lutte contre les infections nosocomiales), CLAN (comité de liaison alimentaire = commission des menus), Conseil de la vie Sociale (conseil d’établissement) …
IV. Médecin coordonnateur et hospitalisations :
Le projet de soin précise quelles sont les limites de l’EHPAD et dans
quel cas on hospitalise. Un médecin doit toujours placer la
personne dans la meilleure situation de soin possible sans perte de
chance.
Pour mettre en place un soin il faut localement pouvoir le maîtriser.
1° Contact avec le service hospitalier, information de la famille,
renseignements de la fiche de liaison pré établie par le coordonnateur
et l’IDE référente.
Le médecin coordonnateur est l’interlocuteur privilégié entre le
service hospitalier et l’EHPAD. Le service hospitalier (il est
nécessaire de passer des conventions avec le sanitaire) doit disposer
d’une fiche de liaison car se posera le problème de l’accueil et des
transmissions. Il est nécessaire de prévenir le service et la
famille. Cette fiche comprend :
- les renseignements administratifs : nom,
prénom, date de naissance, environnement familial à prévenir, tuteur ou
curateur s’il y a lieu, caisse d’assurance maladie, mutuelle
- les antécédents médicaux et chirurgicaux, les allergies
- le traitement actuel et les médicaments administrés ce jour
- le régime alimentaire et sa texture
- l’autonomie physique et psychique, le comportement, les handicaps sensoriels
- l’état général, l’état cutané (le risque d’escarres)
- l’appareillage (prothèse dentaire, auditive, lunettes, canne, déambulateur, fauteuil roulant)
2° Prendre régulièrement des nouvelles du résident hospitalisé avec si possible des visites sur place.
3° Préparation du retour du résident dans l’EHPAD.
Il faut aller à la rencontre des équipes hospitalières, connaître les
besoins de la personne au retour d’hospitalisation et convenir de la
date de sortie.
V. Rapport annuel d’activité médicale :
- Il analyse la situation des résidents sous un angle
gériatrique, commente les actions entreprises par l’équipe médicale et
para médicale et prodigue des recommandations en justifiant des besoins
prioritaires. Il soutient le directeur dans ses négociations
budgétaires.
- Ce rapport contient les éléments concernant la
dépendance (AGGIR) les pathologies (l’utilisation de PATHOS est très
utile) et l’évaluation des pratiques de soin (analyse de soins et aides
spécifiques, analyses des actes médicaux, para médicaux,
hospitalisation, décès, prescriptions par classes thérapeutiques,
hygiène, évènements exceptionnels).
- Pour préparer le rapport il faut anticiper.
Il faut tenir à jour tout au long de l’année différents tableaux de
bord tels que registre signalétique des chutes, contentions, nombre de
journées d’hospitalisation et leur cause, décès en EHPAD et hors EHPAD
(cause), formation des équipes, réunions d’encadrement …
VI. Rôle d’interlocuteur du médecin coordonnateur
1° Rôle de conseiller technique du directeur :
Admissions, mise en place du dispositif de permanence des soins, alerte
en cas de dysfonctionnement tel que non-exécution des prescriptions
médicales, prévention de la maltraitance, avis sur le recrutement du
personnel, réunions d’encadrement…
2° Contact avec les familles
Lorsqu’on rencontre les familles, ne jamais faire de commentaires sur
ce que fait le médecin traitant mais leur faire part des projets que
l’on a pour la personne âgée.
3° Le directeur doit pouvoir s’appuyer sur le médecin dans ses
relations avec les autorités de contrôle et de paiement (CPAM, Conseil
Général, DASS)
De plus le médecin a des tâches médico administratives, des formulaires
à remplir, des démarches auprès de l’assurance maladie, …
VII. Missions extérieures à l’EHPAD
1° Elaboration d’une filière de soin
comportant hôpital, clinique, secteur psychiatrique, soins palliatifs, médecins, para médicaux, spécialistes (OPH, dentiste, ORL, …) intervenants dans l’EHPAD. Convention avec le sanitaire (notamment avec un service de gériatrie et avec les urgences) qui sera signée par les directeurs respectifs de l’EHPAD et du sanitaire.
2° Collaboration avec le réseau gérontologique inter établissements.
Il convient de développer la complémentarité avec les autres structures
qu’il s’agisse de soutien à domicile en proposant un accueil de jour,
un hébergement temporaire ou qu’il s’agisse des établissements, en
particulier les EHPAD, ayant des activités complémentaires. Cela
ne peut se faire que si la politique d’admission et le projet de
l’établissement est connu de l’ensemble des partenaires du réseau.
o L’EHPAD doit passer les conventions avec le sanitaire (établissements orientés vers la gérontologie).
o Il faut ouvrir l’EHPAD sur l’extérieur notamment avec les services existant sur la commune.
3° Participation du coordonnateur au CLIC (Comité Local d’Information et de Coordination).
Ce CLIC favorise le maintien à domicile. Dans le label 1, il s’agit d’un lieu d’écoute et d’information disposant d’une banque de données constamment à jour pour les plus de 60 ans, les familles, les professionnels. Dans le label 2, il s’y ajoute l’élaboration d’un plan d’aide grâce aux évaluations des situations des personnes âgées. Dans le label 3 s’ajoute la mise en place et le suivi des interventions proposées dans le label 2. Ce qui nécessite d’évaluer régulièrement les situations pour ajuster le plan d’aide.
Le CLIC intervient sur un territoire géographique délimité = à partir
de 15000 habitants de plus de 60 ans en milieu urbain, entre 7 et 10000
habitants en milieu rural. Ce qui fait que plusieurs communes
s’associent pour proposer la création d’un CLIC.
Au niveau de CLIC le médecin coordonnateur peut faire :
- de la formation auprès des professionnels du maintien à domicile.
- Faire des évaluations notamment dans le cadre du
label 3 pour mettre en place le plan d’aide aux personnes âgées encore
à domicile.
- Participer à des réunions interdisciplinaires autour de cas concrets.
Ces actions permettent à l’EHPAD d’avoir une bonne image au sein du CLIC.
URGENCE VITALE :
Le médecin coordonnateur intervient en cas d’urgence vitale en
l’absence de médecin sur place (fausse route par exemple) et doit
rendre compte au médecin traitant.
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